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Checkmy!Metro : comment « faire du métro un véritable terrain de jeu et d’échange ! »

Les applications pour smartphone, dédiées au métro parisien, se comptent pas dizaine. Il suffit de taper « métro paris » sur la barre de recherche de l’Appstore pour s’en rendre compte !Les touristes de passage ou les citadins pressés ne peuvent se passer de ces supports, pratiques et rapides pour choisir le bon itinéraire ou vérifier les prochains horaires de train, quel que soit l’endroit où ils se trouvent. Mais à l’heure où le social devient l’élément moteur de l’évolution numérique, ces outils ne sont que des apporteurs d’information et n’offrent pas de réelles possibilités d’interaction entre utilisateurs.Saviez-vous que les franciliens passent en moyenne 1h42 dans les transports parisiens (source RATP) ? Un laps de temps qui est vécu pour une grande majorité d’usagers comme une contrainte assommante où les tunnels et quais de métro sont des zones de passage qui ne favorisent pas l’échange et le contact.En faisant la revue des applications « métro paris » (pour iphone), je suis tombé sur « Checkmy!Metro » qui, à première vue, ne semblait pas se différencier des autres plateformes proposées. En creusant un peu plus, je me suis aperçu que cette application apportait une vraie valeur sociale, un espace de partage avec une ambition simple mais innovante : « faire du métro un véritable terrain de jeu et d’échange » !

900 000 utilisateurs potentiels en Ile-De-France !
CheckMy!Metro a été crée à l’été 2010 par Benjamin Suchar, jeune entrepreneur, et étudiant à HEC à l’époque. Son idée ? Gommer cette image négative et monotone des transports en commun et faire prendre conscience aux franciliens que le métro est un espace de vie, avec son lot d’imprévus, d’histoires drôles et loufoques, de rencontres inattendues…et qu’il serait dommage de ne pas en faire profiter au plus grand nombre !Avec plus de 4,5 millions d’usagers / jour, le réseau des transports parisiens est l’un des plus denses au monde. En considérant qu’1 francilien sur 5 possède un smartphone (d’après étude Google – juin 2011) et l’utilise au moins une fois au cours de son trajet quotidien, ce sont au total près de 900 000 usagersqui seraient potentiellement ciblés pour l’utilisation de l’application Checkmy!Metro, et uniquement à Paris. Autant dire que « le terrain de jeu » de Benjamin Suchar pourrait rapidement trouver son public ! Bien entendu, on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres, et c’est sûrement bien plus compliqué que cela ! Mais on voit tout de même le potentiel important que détient Checkmy!Metro en terme de fréquentation.


Checkmy!Metro, plusieurs usages.

« Première fois que je suis heureux de rater mon RER : il s’appelait EXIL ! »

Avec Checkmy!Metro, les voyageurs se retrouvent au sein d’une communauté pour partager leurs coups de cœur, leurs coups de gueule, ou encore prévenir les autres usagers de la présence de contrôleurs dans une station de métro. 7 usages totalement indépendants les uns des autres vous permettent de raconter un peu près tout sur un peu près n’importe quoi (checkmy!ControlR, checkmy!Musicien, Checkmy!Pub, Checkmy!Graffiti, Checkmy!Coupdegueule, Checkmy!Coupdecoeur, Checkmy!Insolite & autres). Je ne vais pas vous faire un descriptif de chaque usage, estimant naturellement que les noms parlent d’eux-mêmes. J’ai relevé, en revanche, certaines similitudes avec d’autres applications existantes :

Checkmy!controlR

Checkmy!controlR : un avertisseur de présence de contrôleurs dans le métro me rappelant assez naturellement la marque Coyote, le célèbre système d’avertisseur de radars (auto)routiers. Son fonctionnement est plus sommaire que Coyote mais le processus reste le même.

Checkmy!coupdegueule

Checkmy!Coupdegueule / Coupdecoeur / Insolite & autres : cette façon de faire partager ses petits malheurs, ses moments de rire et de raconter des histoires de la vie quotidienne m’a fait naturellement pensé au grand défouloir du net, la plateforme VieDeMerde. Les anecdotes de checkmy!Metro restent tout de même assez courtes, dans les 140 caractères d’un tweet en moyenne. L’application prend d’ailleurs des allures de Twitter, pas uniquement par la longueur de ces messages mais également dans la rapidité à rependre l’information, souvent plus tôt que les services de la RATP :

Ex : le 10 mars 2011 à 8h32, un usager a posté, sur l’application Checkmy!metro, un message informant que le RER A était en feu à la station Charles De Gaulle-étoile. La RATP avait passé l’annonce plus d’une demi-heure après la publication de ce message et sans même expliquer la nature exacte de l’incident.

Collectionner des trophées : selon la fréquence de « check », les utilisateurs peuvent engranger des points et gagner des trophés virtuels. Un classement hebdomadaire est dressé et fait ressortir les contributeurs les plus actifs de la communauté Checkmy!Metro. Une méthode à la « foursquare » dans la façon de créer de l’émulsion entre utilisateurs en les incitant à se géolocaliser dans des lieux différents et les monter en grade selon leur participation dans la communauté.


Derrière l’application Checkmy!Metro

Checkmy!Metro possède son propre bureau d’études, appelé (naturellement) Checkmy!Labs. Cette cellule statistique s’appuie sur un large panel d’utilisateurs (environ 10 000 – 15 000 membres) et peut sortir des résultats intéressants sur la fréquentation des stations de métro, la fréquence de contrôle des tickets, le comportement des usagers ou encore les stations dites « plus musicales »…

Problème de réseau

Que celui qui n’a jamais connu de difficultés à se connecter sur internet dans le métro me jette la première pierre. Le réseau est intermittent et on peux passer son trajet à essayer de capter un soupçon de réseau. Une application qui a besoin d’internet pour fonctionner et propose peu voire aucune fonctionnalité adaptée hors ligne est difficilement utilisable dans le métro. C’est le cas de Checkmy!Metro et il est bien dommage qu’une application trouvant son utilité spécifiquement dans le métro ne puisse fonctionner correctement sur son lieu de prédilection. Malgré tout, on ne peut pas reprocher grand chose à son créateur puisqu’il s’agit plus d’un problème de captation du réseau qu’une anomalie liée au fonctionnement de l’application.

Problème de droits

Les options autrefois disponibles Checkmy!Map & Checkmy!infos, qui reprennent les informations cartographiques et les horaires de la RATP, ont dû être retirées à la demande de cette dernière. Les données stockées étant la propriété de la RATP, checkmy!Metro a été obligé de désactiver ces fonctionnalités sous peine de suppression de l’application sur l’Appstore. Benjamin Suchar, avait alors déploré une position contraire à l’ouverture des données publiques et à l’accès complet de ses informations par les développeurs. Ce boycott a été l’occasion pour le fondateur de lancer un concours sur la création d’un plan de métro revisité et surtout libre de droits afin de sensibiliser l’opinion sur la nécessité à l’ouverture des données publiques. Ce concours à été un succès puisque Checkmy!Metro a comptabilisé 3 500 votes et reçu un grand nombre de propositions (voir les finalistes sur le blog de Checkmy!Metro).  Malgré le lancement de ce concours, la RATP refuse toujours d’engager un dialogue vers une ouverture des données publiques.

RATP_interdiction

Cet accrochage avec la RATP risque de ne pas être le dernier puisque la diffusion d’informations liées au contrôle de tickets ou au coups de gueule des utilisateurs risquent de faire beaucoup de tort aux réseaux des transports parisiens si l’application gagne en popularité :

  • L’avertissement des contrôles de tickets risque d’inciter les usagers à frauder dans le métro sous le nez des contrôleurs.
  • Les coups de gueule à répétition risquent également de faire de la mauvaise publicité à la RATP et de déceler des anomalies au sein du réseau de transports, difficilement soupçonnable sans l’utilisation du partage d’information en temps réel.

Perspective d’évolution de Checkmy!Metro

En explorant l’application, je me suis aperçu que les utilisateurs étaient très nombreux à poster des messages liés à la présence de contrôleurs, relayant au second plan les autres fonctionnalités. J’ai bien peur que checkmy!Metro devienne, à terme, un « coyote bis » dédié aux transports en commun. Un « terrain de jeu » certes mais à la sauce « gendarmes et voleurs » où la principale attraction serait de faire « la chasse aux contrôleurs ». Malgré tout et comme je l’ai dit plus haut, l’application a été lancée en juin 2010. L’indulgence est donc de mise et il faudra attendre que la communauté évolue et apprivoise les différentes fonctionnalités proposées avant de tirer des plans sur la comète.

En plus des challenges récompensant les utilisateurs les plus actifs et les bons de réduction géolocalisés, il serait intéressant de voir apparaitre des concours entre utilisateurs, à la façon jeu de pistes ludiques à l’intérieur du réseau souterrain. Jimmy Choo, le designer de chaussures de luxe, avait déjà lancé en mai 2010 une campagne promotionnelle simi­laire sur Foursquare. Une paire de baskets passait par différents lieux de Londres, en géolocalisant ses lieux de passages sur Foursquare. Les utilisateurs du service qui avaient réussi à se rendre sur le lieu avant le départ des précieuses baskets pouvaient repartir avec une paire de chaussure personnalisable.

Mais le cheval de bataille de Benjamin Suchard est, avant toute chose, le développement de l’application par l’accès aux données publiques de la RATP. « L’Open Data » (plus généralement connu sous ce nom) permettrait de construire une  structure complète, à valeur sociale et informationnelle, ce qui manque à l’application. Alors Messieurs/Dames les décideurs/décideuses de la RATP, il conviendrait de faire preuve d’ouverture et de rendre enfin disponibles vos données aux entrepreneurs pour contribuer à faire naitre des projets innovants !

Voir le site officiel de Checkmy!Metro.

Voir également l’article de Techcrunch sur l’opposition RATP / Checkmy!Metro

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2 commentaires

  1. fqCkCb I really liked your article.Thanks Again. Awesome.

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